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La nouvelle course à l’armement nucléaire | Géopolitis

1 month ago 16

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La course aux armements nucléaires est relancée face à l’accroissements des tensions internationales, alors que de nombreux traités de maîtrise des armements sont stoppés ou non renouvelés. L’arme atomique est-elle la garante ultime de la sécurité d’un Etat ? Invitée: Névine Schepers, chercheuse au centre d’études de sécurité de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich Présentation: Mélanie Ohayon Au sommaire : 00:00 Surenchère nucléaire 01:57 Les neuf Etats détenteurs de l’arme nucléaire modernisent leurs arsenaux 05:33 Névine Schepers: "La perception de l'arme nucléaire comme garantie suprême de sécurité s'est renforcée" 10:00 La France propose une "dissuasion avancée" avec certains pays européens 13:06 Névine Schepers: "Il est très difficile pour l'Europe de se passer de la dissuasion américaine dans le cadre de l'OTAN" 18:24 La Corée du Nord développe sa puissance nucléaire malgré les sanctions 21:02 Névine Schepers: La Corée du Nord a "accès potentiellement à l'expertise russe en matière de missiles et de nucléaire" Budgets en hausse, modernisation des arsenaux, production de nouvelles ogives par certains pays, les puissances nucléaires investissent massivement. "La perception de l'arme nucléaire comme garantie suprême de sécurité ne s'est retrouvée que renforcée ces dernières années, surtout au vu d'un cadre géostratégique très instable", souligne Névine Schepers, chercheuse au centre d’études de sécurité de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich. Plusieurs conflits récents impliquent des puissances nucléaires, la Russie en Ukraine, Israël et les Etats-Unis en Iran, mais aussi l'Inde et le Pakistan, qui se sont brièvement affrontés au printemps 2025. - Arsenaux et investissements Neuf Etats possèdent l’arme nucléaire : les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, Israël - bien que le pays n’ait jamais confirmé la posséder- , l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord. Près de 90% des têtes nucléaires sont entre les mains de la Russie et des Etats-Unis. La Chine arrive en troisième position avec une estimation de 600 têtes nucléaires, selon le Stockholm international peace research institute (SIPRI). C’est le pays qui connaît la croissance la plus rapide. "C'est un arsenal qui a presque doublé en moins de cinq ans. On s'attend même à ce que les stocks nucléaires chinois atteignent 1000 têtes d'ici 2030", précise Névine Schepers. Il y a un "phénomène de re-nucléarisation globale à travers des dynamiques de modernisation et d'augmentation des arsenaux nucléaires", souligne-t-elle. Les Etats-Unis, par exemple, développent de nouvelles générations de sous-marins, missiles intercontinentaux et bombardiers capables d'embarquer des ogives nucléaires. C'est le pays qui investit le plus dans l’entretien et la modernisation de son arsenal. "Il y a un certain consensus bipartisan qui dit que les capacités actuelles ne sont pas suffisantes, surtout pour pouvoir également dissuader la Chine avec son arsenal grandissant", relève Névine Schepers. - Risque de prolifération? La course aux armements nucléaires se voit aussi de moins en moins entravée, alors que des traités qui visent à les contrôler sont abandonnés ou affaiblis. Le traité New start qui liait la Russie et les Etats-Unis vient d'arriver à échéance. Il avait pour objectif notamment de limiter le nombre d’ogives déployées. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, auquel presque tous les Etats du monde ont adhéré, semble aussi fragilisé. Sur le volet du désarmement, "on peut dire qu'il n'y a vraiment aucune avancée, voire un grand retour en arrière avec les dynamiques de re-nucléarisation. Pour la grande majorité des pays qui sont membres de ce traité - des Etats non dotés de l'arme nucléaire - ce traité n'a absolument pas tenu ses promesses", estime Névine Schepers. Dans ce contexte complexe, la guerre en Iran - justifiée par les Etats-Unis et Israël notamment par le développement du programme nucléaire iranien - pourrait pousser les Etats non-nucléaires à envisager différents scénarios, selon Névine Schepers: "Le premier c'est que c'est peut-être beaucoup trop risqué pour des pays de chercher à développer un programme nucléaire si on doit faire face à des attaques militaires ou même à des pressions économiques. Le deuxième scénario serait plutôt que l'arme nucléaire est en effet la seule garantie possible. Mais dans ce cas-là, cela pousserait les pays qui cherchent à l'obtenir dans la clandestinité. (...) Et le troisième scénario - qui m'inquiète peut-être le plus - c'est celui de la "prolifération amicale": un pays allié à un pays détenteur de l'arme nucléaire qui décide que poursuivre aussi son propre programme serait nécessaire pour améliorer sa sécurité." Le site de Géopolitis : https://www.rts.ch/emissions/geopolitis/ #nucléaire #missile #arsenal
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