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Face aux canicules et aux chaleurs extrêmes, les inégalités se creusent | Géopolitis

5 days ago 7

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Les vagues de chaleur extrême ont frappé de nombreux pays cet été, notamment en Europe. Ces canicules ont mis en lumière des villes souvent inadaptées au dérèglement du climat, ainsi que les disparités entre les régions du monde dans la capacité à y faire face. Invitée : Géraldine Pflieger, professeure en politiques urbaines et de l’environnement – Université de Genève Présentation : Laurent Huguenin-Elie Au sommaire : 00:00 50°C, tous égaux? 02:18 Face aux canicules, l’inégalité de l’accès à la fraîcheur 05:03 Géraldine Pflieger: "Des étés tels que celui de 2026 deviendront sans aucun doute la norme" 10:57 L’impact des vagues de chaleur est particulièrement important dans les pays vulnérables 14:38 Géraldine Pflieger: "Il y a une corrélation directe entre les inégalités sociales et l'exposition aux risques climatiques" 18:28 Singapour mise sur les arbres et la verdure pour limiter la chaleur en ville 20:52 Géraldine Pflieger: "A Singapour, on s’intéresse également à la végétalisation des logements" 24:32 En 1972, la Conférence de Stockholm, premier sommet de la Terre Fin mai à New Delhi, la température frôle déjà les 50 degrés. Les villes indiennes sont particulièrement exposées à la surchauffe, tout comme au Pakistan, dans d'autres agglomérations du Moyen-Orient, d'Asie du Sud-Est ou du Sahel. Les vagues caniculaires ont aussi frappé l'Europe avec une intensité record cette année encore. C'est d'ailleurs le continent qui se réchauffe le plus vite, avec une hausse de 2,4 degrés depuis l’ère préindustrielle, selon le dernier rapport Copernicus. Les conséquences les plus dévastatrices affectent surtout les pays les plus vulnérables. Le phénomène de chaleur extrême est qualifié de "tueur silencieux" par le Secrétaire général des Nations unies António Guterres, tant ses effets sont considérables et largement sous-estimés. Le nombre de décès liés à la chaleur devrait être dix fois plus élevé dans les pays à faible revenu, que dans les pays à hauts revenus, soit 391'000 décès chaque année d’ici 2050, selon le rapport sur la mortalité du Climat Impact Lab. Les hausses les plus marquées concerneront de nombreux pays du Sahel. "Il y a finalement une corrélation directe, extrême, entre les inégalités sociales, les inégalités au regard des conditions de vie et d'habitat et l'exposition à ces risques climatiques", souligne dans Géopolitis Géraldine Pflieger, professeure en politiques urbaines et de l’environnement à l'Université de Genève. - Des responsabilités à géographie variable Les coûts liés aux sécheresses, aux inondations ou aux ouragans explosent dans ces mêmes pays vulnérables, alors qu'ils sont pour l'écrasante majorité de faibles émetteurs de gaz à effet de serre. Les pays à hauts revenus ont en revanche une responsabilité historique. A eux seuls, les pays de l’OCDE ont généré près de la moitié des émissions de CO2 depuis le début de l’ère industrielle. La question de la compensation est une question centrale et épineuse de toutes les Conférences des Nations unies sur climat. La COP29 à Bakou s’achève en 2024 sur une promesse d’au moins 300 milliards de dollars de financements annuels pour les pays en développement, d’ici 2035. Bien en deçà des estimations des experts. "Les besoins sont énormes, poursuit Géraldine Pflieger. Sur le plan de l'adaptation, (...) pour permettre d'enclencher des trajectoires de baisse des émissions, intenses, et dans un temps assez court. On parle de montants quantifiés par des experts, avec des besoins globaux de plus de 1000 milliards de dollars par an." La chercheuse relève toute la difficulté de rassembler de telles sommes à l'échelle mondiale: "budgets publics", "banques internationales", "sources privées", "capitaux investis en commun". "Tout devra être mis sur la table", dit-elle. Alors que le contexte géopolitique ne favorise pas les élans en faveur de la solidarité internationale. Elle évoque notamment l'impact du désengagement américain: "Le retrait des Etats-Unis est catastrophique. Il enlève autour de la table un grand émetteur, mais en plus un contributeur important à la solidarité internationale, aux côtés de l'Union européenne, de la Suisse ou du Canada, par exemple." - Des inégalités au sein même des villes Même au sein des pays mieux armés face au réchauffement climatiques, les inégalités se creusent. Les quartiers populaires, souvent plus denses et moins végétalisés, peuvent se transformer en véritables îlots de chaleur. En France, 28% de la population déclare avoir déjà été contrainte de quitter son logement à cause d'une température trop élevée, selon une enquête IFOP. Cette proportion grimpe à 60% chez les 18-24 ans. Au Royaume-Uni, deux tiers des locataires de logements sociaux vivent dans des lieux exposés à la surchauffe. Le site de Géopolitis : https://www.rts.ch/emissions/geopolitis/ #canicule #climat #inégalités
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